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  • leamahieux3

Le Mantrailing : Quésaquo ?

« Man » = Homme ; « Trailing » = pister. Tout simplement.



Tout droit venu des Etats-Unis, le Mantrailing est aussi appelé « recherche de personnes disparues ».

Pas de panique, il s’agit bien d’une discipline de loisir. Personne n’a été victime d’une avalanche, traqué par un ours, ou s’est perdu dans les bois car la batterie de son téléphone était à plat…

La personne à retrouver, appelée « victime » ou « runner » (pour les plus sérieux) est en bonne santé, consentante et certainement pas en train de se décomposer contre un arbre. Ouf ! Donc pas de pression, si la personne n’est pas retrouvée, elle sera tout à fait capable de revenir d’elle-même (normalement), aucune vie n’est en jeu ! … Si ce n’est la vie de votre legging après que Alfred (#lechien) vous ait trainé dans les ronces, bien déterminé à retrouver Gérard (#lavictime) …


Vous souhaitez retrouver des personnes disparues sans enjeux vitaux avec votre poilu ?

Il n’y a aucune discrimination, cette discipline s’adresse à toutes les races de chiens, de tous les âges et de toutes les tailles. N’est-ce pas merveilleux ? Je vous assure que Kiki le Bulldog vous épaterait !



Comment ça se passe ?


La « victime » pose son odeur (pas de panique, elle est enfermée dans un bocal en verre ou en métal. Ainsi personne ne verra votre pyjama fétiche La reine des neiges 😉). La « victime » trace un chemin dans les bois, dans une zone industrielle ou en zone urbaine, sur une distance plus ou moins longue (selon l’expérience du chien). Elle se cache, derrière un arbre, une poubelle ou dans un buisson. Gros moment de solitude quand des marcheurs passent à côté de vous, cachés dans un buisson derrière une école … Faites comme si vous chercher votre téléphone, ça paraît moins louche ! 😉

Le chien part à la recherche de la « victime », 2 minutes, 30 minutes, 1heure après que cette dernière est trouvée sa cachette (encore une fois, selon l’expérience du chien). La piste commence au bocal de la « victime », le chien prend l’odeur et …. C’est parti mon Kiki !!!!


Vous ne reconnaitrez peut-être pas Alfred, le clown du quotidien, au travail, aussi sérieux que les membres de la garde Royale devant la maison d’Elisabeth ! Pourtant c’est bien lui, examinant si méticuleusement chaque feuilles, troncs d’arbres, cailloux ; vérifiant, confirmant, déterminé à vous affirmer une direction ! Et vous y êtes. Après avoir traversé les ronces parce que Alfred, tellement motivé, enjoué et déterminé a omis le fait que vous ne déambulez pas à 4 pattes, à 50 cm du sol … Après avoir été fouetté par les branches en plein visage, perdu votre bonnet, après avoir vu passé une biche, que Alfred lui, si concentré dans sa mission n’a même pas calculé … ça y est, vous y êtes ! Alfred, ce champion a trouvé Gérard !! Et après toute ces péripéties qui se sont produites en l’espace de 8min50’, vous êtes empli de joie, de satisfaction, d’adrénaline, parce que :

  • Premièrement, Alfred est trop fort ! (et tous les chiens le sont !)

  • Deuxièmement, vous avez vu votre chien motivé, s’éclater, prendre ses décisions, s’affirmer, être un chien ! Bref, vous vous êtes tout simplement amusé de voir votre poilu s’éclater.



Certes, cela laisse à penser que le Mantrailing, c’est suivre son chien aveuglement sous prétexte que lui-seul peut savoir où est passé Gérard. C’est tout à fait vrai, mais pas aussi simple. Alfred fait des erreurs, comme tout individus, parfois il s’emballe avec la vitesse et un trop plein d’émotions. Il est vrai que cette fois-ci, c’est Alfred qui mène la dance. Mais vous êtes là pour l’aider, lorsqu’il doute, le soutenir lorsqu’il semble en difficulté. C’est un travail d’équipe. Alfred a le nez par terre, vous avez les yeux bien en place, concentré sur ce que nous indique le corps, la queue, la position de la tête de Alfred : d’accord il a relevé la tête à côté de l’arbre bleue, d’accord il est un peu perdu, on va retourner à côté de l’arbre bleu. Et c’est reparti, Alfred a retrouvé sa route. Vous pigez le concept ?


Alors voilà, le Mantrailing c’est aussi l’opportunité de donner un rôle à Alfred, un but précis, un petit job qui sera évidemment récompensé. Alfred est fier comme un coq, d’avoir retrouvé Gérard, d’avoir pris des initiatives sans l’influence (enfin !) de notre espèce !

Car soyons honnête, nous leur laissons peu d’occasions d’être autonome. Nos poilus sont sans cesse rappelés par notre besoin (humain) de contrôle : « Alfred, au pied », « Alfred, tu laisses », « Alfred, assis », « Alfred, à ta place » … Ici, c’est le moment de laisser Alfred prendre les commandes ! De tout évidence, nous n’avons pas les capacités de conduire cette mission sans laisser Alfred prendre le contrôle de la situation …



Je pense ne rien vous apprendre : l’activité olfactive permet de diminuer le rythme cardiaque du chien. C’est un excellent moyen d’apaiser Alfred et de travailler sa gestion émotionnelle. Certes, Alfred a tendance à passer du tout blanc au tout noir. Vous vous doutez bien que lorsqu’il s’agit de rechercher quelqu’un, et lorsque Alfred rencontre une difficulté, ou lorsque vous bloquez la longe stoppant son élan affirmé parce que ça va trop vite pour vous … Alfred a plus de mal à se reprendre, Alfred s’agace et vous rentrez en voiture. Est-ce grave ? Absolument pas ! C’est, encore une fois, tout l’intérêt de cette discipline et du travail en binôme. La prochaine fois, vous gérerez mieux la longe, vous lirez davantage ses changements de postures et Alfred sera moins impacté par cette vilaine émotion qu’on appelle la frustration.

Et vous, qui avez du mal à accorder votre confiance à Alfred, « vilain chien qui aboie sur les gens » ; ici, vous n’avez pas d’autres choix que de faire confiance à Alfred. Lui seul sait où se trouve Gérard ! Et si vous souhaitez qu’il soit capable de vous transmettre l’information, lâcher-prise et confiance sont indubitablement nécessaires ! Il n’en sera que bénéfique pour votre relation. Au quotidien, vous percevrez les choses de manière différente : si Alfred aboie sur votre voisin, celui-ci a peut-être une plantation de cannabis dans son grenier ? Qui sait ….




Et pour finir sur un truc un peu barbant mais important : Les chroniques de l’intello.

1000 ans avant J-C, les humains utilisaient déjà les chiens en Orient pour retrouver les esclaves fugitifs. En 1492, Christophe Colomb les utiliser pour trouver les indigènes lorsqu’il a découvert l’Amérique et a décidé de se l’approprier … Et depuis les années 17OO voir 1600, les chiens aident à secourir des humains.

Le chien a 872 récepteurs olfactifs, les humains, nous-même n’en avons que 388. Les chiens peuvent avoir entre 125 et 300 millions de cellules olfactives contre 5 millions chez les humains. Rien que ça ?

Vous comprenez alors que notre UMVELT, c’est-à-dire la manière dont nous percevons le monde, est très différent de ce que perçoivent nos poilus.

Et comment ça fonctionne dans leur petite tête ?

Pour le moment on retiendra que 33% du cerveau du chien traite les données olfactives contre 5% du cerveau chez l’humain …. Le reste des explications fera probablement l’objet d’un article, il y a grande matière à discuter !


Les données barbantes s’arrêtent ici, elles étaient cependant nécessaires à ce que nous, petits êtres de la terre prenions conscience des capacités de la truffe de nos Canis lupus Familiaris !





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